Le genre en histoire

Comité organisateur :
Laura BALZER (doctorante, EHESS/Paris 1Panthéon-Sorbonne), Marion PHILIP (doctorante, EHESS/Paris-Sorbonne).

Présentation

Depuis les années 1960, l’utilisation du genre comme démarche et objet d’étude a généré une définition plus fine de ce concept, qui a permis aux historien.ne.s de déconstruire l’idée d’un binarisme sexuel reposant sur la complémentarité des rôles sociaux masculins et féminins. Les rapports sociaux de sexe sont devenus l’objet de travaux universitaires, collectifs et individuels. Ils constituent un facteur d’analyse des sociétés, souvent oublié, mais qui renouvelle pleinement l’histoire sociale[1]. Le Centre de Recherches Historiques accueille dès 1978, un groupe de chercheur.se.s travaillant sur l’histoire du genre, qui se structure, en 2007, comme axe transversal. L’objectif du groupe, en organisant cette deuxième édition d’une journée doctorale, est de développer le dialogue entre les doctorant.e.s en histoire de l’EHESS adoptant une perspective de genre dans leurs travaux.
Pour montrer de quelle manière l’histoire du genre s’inscrit dans une histoire sociale et des représentations, nous proposons que les communications développent les thématiques suivantes :

I- Stéréotypes et normes genrées

Les interventions peuvent proposer une analyse des normes de genre et des représentations genrées véhiculées par les corpus de sources étudiées (textes normatifs, écrits personnels, iconographie, littérature …), ainsi que de la réception de ces normes par les individus, groupes, ou sociétés concernés. Il s’agit également d’interroger le rôle de ces représentations dans l’organisation et la hiérarchisation du tissu social.

II- Genre et identification de soi

Parallèlement au développement du concept de genre, le concept d’identité a été largement remis en question par les sciences humaines depuis plus d’une quarantaine d’années, en critiquant sa tendance à réifier un processus pourtant relatif et contextuel ou au contraire à diluer des identités, qui perdent leur pertinence analytique[2]. Les doctorant.e.s seront invité.e.s à questionner cette notion d’ « identité », grâce à sa confrontation avec la question du genre. Il.elle.s pourront également étudier les phénomènes d’identification genrée, et montrer comment il.elle.s manient l’outil d’analyse du genre, de concert avec d’autres facteurs d’identification sociale : l’âge, le statut social, le rang, la « race », l’engagement politique, le statut professionnel …

MODALITES DE SOUMISSION ET CALENDRIER

La journée est ouverte, en priorité, aux doctorant.e.s en histoire du CRH, qui intègrent le genre à leurs problématiques. Cependant, nous souhaitons ouvrir cette journée aux doctorant.e.s des autres UMR de l’EHESS et d’autres universités, qui pourront participer en fonction des places disponibles. Toutes les périodes, aires culturelles et thématiques sont les bienvenues. Les communications, d’une durée maximale de 30 minutes, seront suivies d’un temps de discussion.

Les propositions de communication d’un maximum de 3 000 signes, accompagnées d’une courte biographie devront être envoyées à marion.philip@laposte.net et laura.balzer21@gmail.com avant le 22 janvier 2018. 

 


[1]Brian, I., Lett, D., Sebillotte-Cuchet, V.,Verdo, G., « Le genre comme démarche », Hypothèses, 2005 (1)/8 pp.277-295.

[2]Brubaker, R., Cooper, F., « Beyond Identity », in Theory and society, vol. 29, n° 1, 2000, pp1-47.